Le traité d’architecture de Vitruve reste-t-il pour l’architecte d’aujourd’hui un classique de référence ?

Architecture

Pierre Gros, professeur émérite de l’université de Provence et de l’Institut universitaire de France, Membre de l'Institut (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres).

Le seul traité antique qui ait échappé au naufrage des textes grecs et romains consacrés à l’architecture, celui de Vitruve, ne bénéficie plus aujourd’hui du prestige qui fut le sien en Europe jusqu’au XVIIIe siècle.
À quoi tient donc le nombre croissant de rééditions et d’analyses qui, depuis plusieurs décennies, ne cessent de lui être consacrées ?
Il faut comprendre que le refus actuel des canons de l’architecture dite classique ne lui a pas ôté toute pertinence. S’il a perdu l’essentiel de son rôle de codificateur, il conserve une dynamique qui lui est propre, et ses exigences de mesure, d’harmonie et d’équilibre, entre autres, méritent toujours d’être méditées par les créateurs contemporains.