Le langage des pierres. Les monuments aux morts en France aux lendemains de La Grande Guerre

Journée de la mémoire de 1918 jeudi 08 novembre 14:00

À l’occasion de la commémoration par la Ville de Nice du Centenaire de la Première Guerre mondiale

Avec la célébration du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918 se clôt le cycle commémoratif du centenaire de la Grande Guerre. Il paraissait utile pour l’édification du grand public d’évoquer quelques-uns des aspects moins bien connus de cette page d’histoire, la place tenue par l’armée française dans la victoire finale, le rôle décisif de l’armée d’Orient, les conditions qui ont abouti à contraindre les empires centraux à déposer les armes, et la mémoire douloureuse de cette guerre à travers l’édification des monuments aux morts.

Modérateur : Yvan Gastaut, historien, maître de conférences à l’université de Nice

 

 

Jean-Paul Pellegrinetti, professeur en histoire contemporaine à l’Université de Nice Côte d’Azur, directeur du Centre de la Méditerranée moderne et contemporaine (CMMC), spécialiste d’histoire politique (XIXe-XXe siècles) et d’histoire sociale de la Grande Guerre

Avec environ 1 400 000 morts, la Grande Guerre est à l’origine d’un traumatisme profond occasionné par les pertes en hommes. En France, pratiquement toutes les familles seront affectées par la mort et le deuil. Du lendemain de la signature de l’Armistice à la veille de la Seconde Guerre mondiale, nombreuses sont les communes françaises qui éprouvent le besoin d’ériger un monument, une stèle, ou d’apposer une plaque sur les murs extérieurs ou intérieurs des églises. Pour la première fois, l’initiative n’est pas venue d’en haut, de l’État, mais d’en bas, de comités locaux et de municipalités. Pour la première fois aussi, ces mémoriaux étaient appelés à exalter le souvenir, non plus des élites, mais des obscurs, d’un peuple qui entrait ainsi dans l’histoire monumentale, celui de communes humbles aussi dont c’était souvent le premier et l’unique monument.